FINANCE

Épargne salariale : faire les bons choix

L’épargne salariale, c’est peut-être pour vous quelque chose de très abstrait, mais c’est surtout l’occasion de se constituer un capital. Alors en route pour un mode d’emploi en 5 étapes.

L’idée de l’épargne salariale, c’est le partage des profits de l’entreprise, elle peut prendre deux formes : l’intéressement et la participation.

La participation, c’est un partage des bénéfices, elle est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés.

L’intéressement est un dispositif conçu pour motiver les salariés. On le touche si on atteint les objectifs fixés : objectifs commerciaux, objectifs de production…

Mais on peut aussi alimenter son épargne salariale par des versements volontaires ou par des sommes provenant d’un compte épargne temps. Quand c’est signé, que ce soit un accord de participation ou d’intéressement, les dispositifs d’épargne salariale profitent à tous les salariés qui affichent au moins trois mois d’ancienneté, mais les dirigeants de petites entreprises peuvent aussi en profiter. Pour la participation, il ne faut pas avoir plus de 49 salariés. Pour l’intéressement, ça va jusqu’à 249 salariés. Les montants sont limités. La participation, c’est au maximum 75 % du plafond de la Sécu et c’est quand même une jolie somme, plus de 30 000 euros. L’intéressement, c’était jusqu’à présent 50 % du plafond Sécu, soit un peu plus de 20 000 euros. Mais pour les accords à venir, grâce à la nouvelle loi Pacte pour la croissance des entreprises, le plafond vient d’être relevé à 75 %. Les versements volontaires sont limités à 25 % de votre rémunération annuelle brute.

Votre entreprise peut aussi ajouter un bonus à ce que vous versez, c’est ce qu’on appelle l’abondement, là aussi, c’est limité à 3 fois ce que vous versez dans des limites allant d’un peu plus de 3 000 à près de 6 500 euros en fonction de ce que vous faites de cette épargne salariale. Vous pouvez soit toucher, soit épargner ces sommes, si vous les placez sur un PEE, plan d’épargne entreprise, les sommes sont bloquées 5 ans, mais il y a beaucoup de cas de déblocage anticipé. Des cas soit liés à des événements familiaux : mariage, Pacs, 3e enfant, divorce, ou encore achat de la résidence principale… Soit liés à des événements professionnels : rupture du contrat de travail, création ou reprise d’entreprise…

Pour les sommes versées sur le plan d’épargne retraite collectif (le Perco), l’échéance c’est la retraite. Mais comme pour le PEE, il existe beaucoup de cas de déblocage, même si ici la liste est un peu plus réduite. Les primes sont versées au plus tard le 1er juin et vous disposez de quinze jours pour jouer à la cigale ou à la fourmi. Mais pas de panique. Si vous laissez passer l’échéance, l’épargne sera automatiquement placée sur un PEE pour l’intéressement. Pour la participation, ce sera 50 % sur le Perco s’il existe dans votre entreprise et 50 % sur le PEE. Si vous touchez les sommes attribuées au titre de l’intéressement ou de la participation, elles sont imposées comme des salaires. Si vous les versez sur un plan d’épargne entreprise, un PEE, elles sont exonérées d’impôt mais pas de prélèvements sociaux. Si vous les versez sur un plan d’épargne retraite collectif (le Perco), c’est plus compliqué.

Avec la nouvelle loi Pacte, vous pourrez déduire vos versements volontaires de votre revenu imposable. Mais la rente ou la sortie en capital seront imposables. Il y aura un traitement différent si les sommes sont issues de la participation ou de l’intéressement avec une possibilité d’exonération pour les sorties en capital et un impôt allégé pour les sorties en rente.

Attention, dans tous les cas, les prélèvements sociaux restent dûs.

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’épargne salariale est un dispositif « gagnant-gagnant ». Et sur le plan fiscal, il est avantageux aussi bien pour l’entreprise que pour le salarié.