ASSURANCE, FINANCE

Faut-il avoir une assurance-vie ?

On entend souvent que l’assurance-vie est l’un des placements préférés des Français. Pourquoi un tel succès ? Faut-il encore avoir un contrat d’assurance-vie, et tout d’abord, pourquoi parle-t-on de l’assurance-vie comme d’un placement ? Quelle est la différence avec l’assurance décès ?

Avec une assurance décès, vous versez périodiquement une petite somme à votre assureur. Si en termes pudiques, le risque se réalise, autrement dit, en cas de décès, des bénéficiaires désignés, c’est-à-dire en général votre conjoint ou vos enfants, reçoivent une grosse somme. A l’inverse, si vous restez en vie, l’argent reste la propriété de l’assureur. On dit qu’il est versé à fonds perdus.

La mécanique de l’assurance-vie est différente. Comme avec l’assurance décès, les bénéficiaires que vous avez désignés percevront un capital si vous décédez. Mais l’argent n’est pas versé à fonds perdus. Si vous restez en vie, votre argent reste à votre disposition.

Dans les contrats modernes, vous pouvez le retirer à tout moment. Mais vous n’avez pas l’effet de levier dont vous bénéficiez avec l’assurance décès. Votre argent va fructifier en fonction des supports que vous aurez choisis pour votre épargne.

Combien ça rapporte ?

Tout dépend de la façon dont vous placez votre argent à l’intérieur de ce contrat d’assurance-vie. En résumé, vous avez le choix entre deux types de placements. D’un côté, les fonds en euros. Ce sont des fonds où votre capital est garanti par l’assureur. En contrepartie de cette sécurité, le rendement est assez faible pour 2018. On devrait se situer en moyenne aux alentours de 1,60 %. De l’autre côté les unités de compte. Ici, votre capital n’est pas garanti. Il est investi sur des fonds communs de placement, des SICAV ou des supports immobiliers. La valeur de votre capital varie en fonction de la valeur de ces unités de compte. Vous pouvez donc gagner de l’argent ou en perdre. Vous avez aussi des fonds d’un troisième type, plus récents. Ce sont les fonds hybrides, entre les fonds en euros et les unités de compte. On les appelle les fonds euro-croissance. Ici, vous avez une garantie du capital qui peut être de 100 % ou de 80% selon les contrats. Cette garantie ne joue qu’à l’échéance du contrat, c’est-à-dire au bout de 8 ans minimum, mais beaucoup plus longtemps pour certains contrats. Vous pouvez récupérer votre argent à tout moment mais dans ce cas, vous ne bénéficiez pas de cette garantie du capital.

Faut-il souscrire alors que la sécurité rapporte peu et que de l’autre, vous n’avez pas envie de prendre trop de risques. Face à ce dilemme, beaucoup de Français laissent leur argent sur leur compte courant ou encore choisissent de le placer sur un Livret A. Dans la première hypothèse, vous perdez chaque année le montant de l’inflation, 1,8 % en 2018. Dans la seconde, vous perdez également un peu d’argent car le Livret A ne rapporte que 0,75 % net d’impôt. Vous gagnez un peu plus avec un contrat d’assurance-vie en euros. Et pour améliorer le rendement, vous pouvez miser un petit pourcentage de votre capital sur des unités de compte, 10 à 20 %, avec deux solutions pour limiter les risques : viser le long terme, ça veut dire 5 ans minimum, et placer une petite somme chaque mois.

Alors pour qui c’est intéressant ? Justement c’est le gros atout de l’assurance-vie. C’est intéressant pour tout le monde. D’abord, c’est un bon moyen d’accumuler un capital en vue d’un projet, par exemple les études de ses enfants. C’est aussi un très bon moyen de préparer sa retraite. D’autant plus qu’à l’échéance, vous avez le choix d’une sortie en rente ou d’une sortie en capital. Et enfin, c’est un très bon moyen de préparer sa succession puisque la fiscalité de l’assurance-vie en termes de succession est très avantageuse. Alors oui, l’assurance-vie reste un placement incontournable dans la panoplie de l’épargnant. Encore faut-il qu’il choisisse le bon contrat.